Double peine à Pontoise : budget et impôts en hausse, dépenses sociales en baisse.

 

Le budget 2023 de la ville subit une forte augmentation des dépenses de 10,2% pour atteindre 50 millions d’euros. La municipalité attribue cette hausse à l’explosion des factures énergétiques et l’augmentation des salaires. C’est vite oublier que, depuis plus de 20 ans, les majorités successives, conduites par M. Houillon et Mme Von Euw, se sont peu souciées des investissements en matière d’adaptation au changement climatique et en particulier de la rénovation énergétique du patrimoine municipal, malgré ses défauts flagrants d’isolation. Mise au pied du mur par le tsunami inflationniste des coûts de l’énergie, Madame la Maire reconnaît enfin que la ville a un sous-investissement chronique et qu’il faut 60 M€ rien que pour résoudre la transition énergétique. Au passage, elle avoue également que la voirie est dans un état pitoyable et qu’il manque là aussi 60 M€ pour la rénover.

 

Pour faire des économies, la mairie procède à une forte réduction des dépenses sociales.

 

Celles dévolues à la jeunesse et à la vie des quartiers passent de 4 à 1% du budget. Ces dépenses sont toutefois noyées dans le pot commun de l’administration générale, ce qui évite d’avoir à expliquer cette baisse.

La subvention du CCAS est identique à l’an passé alors que les dépenses et les coûts salariaux de cette structure subissent l’inflation. Pourtant, l’analyse des besoins sociaux menée par la mairie montre un taux de pauvreté élevé et un accroissement des situations de précarités. 41.5% des habitants interrogés disent ne pas savoir ce que le CCAS peut leur apporter et n’utilisent donc pas ses services. La ville mise-t-elle sur le non-recours aux aides pour serrer son budget ?

Les subventions aux associations baissent globalement de 11%, de 37 % pour les subventions exceptionnelles et de 50% pour certaines petites associations. L’association AQUAREL qui gère les maisons de quartier des Louvrais et de Marcouville perd 60 000 euros d’aides municipales. Nous nous sommes émus de ce constat en conseil municipal. Madame la maire nous a répondu que  « le mode de fonctionnement normal, c’est un financement autonome », la subvention devant rester l’exception.

Les habitants de Pontoise doivent aussi payer l’imprévoyance passée des majorités de droite de la ville. Ils vont subir une forte augmentation de la taxe foncière. Celle-ci a d’abord été présentée au conseil municipal du 23 mars avec une augmentation de 5 points. Nous avions alors indiqué que cela revenait à une augmentation de 11,88%, mais la municipalité préférait un affichage minorant. Mal lui en a pris car la décision s’est avérée non conforme au Code général des impôts. Mme la Maire a donc dû convoquer d’urgence un second conseil municipal le 11 avril afin de faire voter cette augmentation en pourcentage. De plus, le Gouvernement ayant déjà augmenté les valeurs locatives de 7,1% pour tenir compte de l’inflation, la hausse d’imposition subie par les propriétaires pontoisiens sera de 20%.

 

Nous payons très cher les dogmes de la majorité : minimisation des dépenses, arc-boutés sur un sous-investissement pour minimiser le recours à l’emprunt. Face à la crise, des municipalités font le choix d’augmenter les impôts pour conserver le niveau de services publics. A Pontoise, la majorité répond par la double peine, diminuant les services publics et  augmentant les impôts.

 

Sandra Nguyen Dérosier, Matthieu Drevelle. Florence Chambon, Gérard Bommenel.