Pontoise

Ville d'art et d'histoire
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Il était une fois...la "fontaine d'amour"

Tourelle en pierre

Depuis plus de deux siècles, une tourelle en pierre, abritant une fontaine, surplombe le quartier Canrobert-Delarue. Cet édifice niché au milieu des maisons de la fin du XIXème siècle, interpelle.

Ancien relais du télégraphe optique de Chappe, l’ouvrage baptisé "la Fontaine d’amour" est le lieu d’une des plus grandes légendes pontoisiennes. Partons à sa découverte...

La légende des "amants maudits"

“La tour rue de la Fontaine d’amour’’ doit son nom à une légende romantique du XIVème siècle, version pontoisienne de l’universel "Roméo et Juliette". La fontaine est située sur les terres du Seigneur de Nesles, homme influent de la région.

En ce lieu, à l’abri des regards, se retrouvent en cachette Alix de Nesles, la fille du seigneur local et Béranger de Presle, un jeune écuyer. Cet amour impossible s’épanouit près de la "Fontaine des Frênes", qui deviendra "d’amour" en souvenir de leur romance.

Le père d’Alix découvrant l’idylle et rêvant d’un parti plus fortuné pour sa fille, fait assassiner l’écuyer en ce lieu. Alix, inconsolable, entre dans les ordres après le drame et finit ses jours à l’abbaye de Maubuisson, à Saint-Ouen l’Aumône.

Dans ses “Recherches historiques et archéologiques sur la Ville de Pontoise’’ parues en 1863, l’abbé Trou signale l’existence d’une pierre funéraire en souvenir des corps des deux amants enterrés près de la fontaine.

Un relais du télégraphe de Chappe

Entre la fin du XVIIème et le début du XVIIIème siècle, la fontaine laisse place à un puits, abrité par une tour de six mètres de haut. Le sommet de la tour, protégé par une rambarde de fer, sert de relais au télégraphe optique de Chappe.

Cet inventeur sarthois conçoit un système de communication révolutionnaire basé sur une transmission de messages visuels apposés sur des panneaux de bois. Un veilleur reçoit et lit les messages à l’aide d’une longue vue, avant de les transmettre vers un autre poste de télégraphe, situé lui aussi au sommet d’une tour, à plusieurs dizaines de kilomètres.

En 1800, Bonaparte réduit néanmoins les crédits alloués à la construction de cet ingénieux système. Claude Chappe ne supporte pas ce désaveu et, dépressif, se jette... dans un puits !
Si le poste de télégraphe pontoisien est abandonné dès le début du XIXème siècle, les habitants continuent jusqu’en 1950 de se rendre à la Fontaine d’amour pour chercher de l’eau dans son puits.

Intégrée au domaine communal, la tour est restaurée en 1999. Sa maçonnerie en pierres de taille, son couronnement, sa corniche à modillons et bandeaux et ses ouvertures plein-cintre retrouvent alors leur splendeur originelle et la fontaine est éclairée.

L’édifice est aujourd’hui répertorié parmi les bâtiments remarquables de la commune.

Représentation d'un poste de télégraphie aérienne