Pontoise

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Eugène Samuel, pionnier du maquis du Vercors

Eugène Samuel

Au 35 rue de Rouen, une plaque commémorative fixée sur le mur d’une maison rappelle le destin peu commun d’Eugène Samuel.

Homme d’esprit et d’action, mais aussi médecin d’une rare générosité, ce Pontoisien fut un grand résistant, qui fonda le premier maquis du Vercors durant la Seconde Guerre mondiale. Le Général de Gaulle en personne le décora en 1944.

Le médecin de la rue de Rouen

En octobre 1933, un nouveau médecin s’installe dans le quartier Notre-Dame au n°35 de la rue de Rouen. Eugène Samuel a alors 26 ans.

Ses parents, d’origine roumaine, se sont installés en France en 1917, pour fuir la ville de Dej opprimée par les nationalistes d’Autriche-Hongrie.

Dès ses débuts en tant que médecin, ce Français naturalisé brille par son humanisme. Le quartier Notre-Dame le surnomme affectueusement le "‘médecin des pauvres", car il soigne, de jour comme de nuit, les foyers les plus modestes.

En 1939, la mobilisation est un grand moment pour ce fervent républicain, qui brûle de défendre sa patrie d’adoption.

En tant que médecin-lieutenant au Service Santé de la 1ère division de cavalerie, sa conduite remarquable lors du combat de Rethel, le 13 mai 1940, lui vaut la Croix de Guerre.

Mais un mois plus tard, la France est vaincue. Le médecin rejoint alors sa femme, qui a entre-temps ouvert une pharmacie à Villard-de-Lans. Le village, situé au cœur du massif du Vercors, semble déconnecté de la guerre. Très vite, la région rurale et montagneuse sert de refuge aux adversaires du régime de Vichy.

Résistant de la première heure

Eugène Samuel fait partie des résistants de la première heure. Dès l’automne 1941, il se réunit avec une première cellule, dans l’arrière-boutique de l’officine de son épouse.

Quelques mois plus tard, son groupe forme une antenne du mouvement ‘‘Franc-Tireur’’ avec le concours du docteur Léon Martin (ancien maire de Grenoble). Son activité permet à de nombreux résistants du Rhône et de l’Isère d’échapper aux arrestations.

En 1942, le médecin pontoisien, entré dans la clandestinité, fonde le premier des quatorze camps de maquisards du Vercors. Le hameau isolé accueille ceux qui souhaitent rejoindre la Résistance contre l’Occupant. Les responsables du camp les forment au maniement de nouvelles armes, parachutés par les Alliés.

Le 15 mai 1943, après une visite du Général Delestraint, les principaux mouvements de résistance de la région fusionnent sous le nom "Vercors". Eugène Samuel est nommé Adjoint au chef civil Eugène Chavant de cette entité et son concours est décisif dans la Libération du  secteur de Lente.

À Lyon, en septembre 1944, le Général de Gaulle lui remet en personne la Croix de Chevalier de  la Légion d’Honneur pour ses actes de résistance. Après la guerre, il exerce à nouveau son activité de médecin à Pontoise de 1945 à 1973, avant de s’éteindre en 1989 dans la Somme.

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