Pontoise

Ville d'art et d'histoire
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Les chirurgiens d'antan

Les chirurgiens d'antan

Au XVI ème siècle, la France a connu une période particulièrement troublée par de multiples épidémies de peste, mais aussi par la guerre de religions entre catholiques et protestants. La Ville de Pontoise n’a pas échappé à ces fléaux.

Profession : barbier

Le barbier était, à l’époque, la personne la plus apte à soigner les maladies, les chirurgiens n’existant pas.

Ils faisaient partie intégrante de la corporation des barbiers et étaient tenus à distance des autres professions médicales.

Préférés aux chirurgiens, les barbiers opéraient sans robe ni bonnet, mais étaient réputés pour travailler mieux tout en étant moins chers.

Pontoise pestiférée

La peste est endémique tout au long du XVIème siècle. Il s’agit d’une maladie incurable à cette époque qui touche aussi bien les riches que les pauvres.

Rares sont ceux qui en réchappent, sauf peut-être certains chanceux comme Ambroise Paré (1510-1590), célèbre “chirurgien” de successivement quatre rois de France.

Un édit royal, datant de 1592, autorise les chirurgiens (la dénomination de “chirurgien-barbier” est encore employée) à pratiquer des actes médicaux simples : panser des plaies, réduire des fractures et préparer des compositions de médicaments.

Pendant ce temps, la peste sévit particulièrement dans les villes et notamment à Pontoise, où les conditions d’hygiène sont déplorables : absence d’égouts évacuant les déchets, souillure des cours d’eaux par les tanneries (déchets liés à la décantation du cuir), hygiène corporelle de la population quasi inexistante...

Pontoise soignée par les barbiers...

Pour combattre cette épidémie, les autorités pontoisiennes n’hésitent pas à s’organiser. Dès 1620, elles donnent un statut très particulier aux barbiers chargés de soigner les pestiférés. Ils bénéficient de maisons achetées par la ville dans lesquelles ils sont logés.

Ils sont aussi exonérés d’impôts au même titre que les prêtres, chargés de l’extrême onction des mourants.

En 1626, un projet d’achat de  l’île du Pothuis, faisant face aux remparts de la cité, est envisagé en vue d’y loger les pestiférés.

Puis, en 1641, un emprunt est voté par le Conseil de Ville pour permettre d’engager les moyens financiers afin de faire face au fléau.

...relayés par les chirurgiens

À la fin du XVII ème siècle, les chirurgiens se différencient des barbiers, tout en devant porter honneur et respect aux médecins.

L’édit royal de 1743 confère aux élèves chirurgiens le diplôme de “maître des arts” et interdit aux barbiers l’art de guérir. Puis le roi Louis XV établit une distinction, dans les charges municipales, entre médecins et chirurgiens.

Ainsi, les premiers sont assimilés aux avocats et bourgeois vivant noblement, et les seconds comme des négociants ou des marchands ayant boutiques sur rue. Les chirurgiens-barbiers ont existé à Pontoise jusqu’à la fin du XVIIème siècle.

Ils seront progressivement remplacés par les médecins, particulièrement sollicités lors des épidémies de choléra de 1832 et 1849.

Tiberio MALFI Nouvelle pratique de la décortication manuelle et de la saignée l’une par un barbier et l’autre par un chirurgien. Naples, 1629 (Cote BIUM : 21011)
Cintio D’AMATO - Nouvelle et dernière pratique de tout ce que les consciencieux barbiers apprennent, Naples, 1671. Fig. 4 (Cote BIUM : 74734)
Pietro Paolo MAGNI - Discours de Pietro Paolo Magni, Rome, 1584. Pl. 3 (Cote BIUM : 164306)
Masques que portaient les médecins pour se protéger de la peste
Pierre DIONIS : instruments pour la saignée du bras.Paris, 1707. P. 539 (Cote BIUM : 30622)
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