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Elle perdure ! Contre vents et marées,
qu’il pleuve, gèle ou vente, la foire Saint-Martin a surmonté
tous les aléas de l’Histoire et s’est adaptée à toutes
les évolutions. Retrouvez le parcours de la foire et
l’origine de ses fameux harengs.
On ne sait quasiment rien de ses débuts, qu’on fixe à
1170. Le voile se lève bien plus tard... Un écrit daté de 1627
atteste qu’on y vend alors des bêtes, des fruits, des
légumes, des pains, de la charcuterie, des chapeaux, des galoches,
des matelas .
Bref, on y vient pour satisfaire des besoins domestiques et
agricoles. Très réglementée, elle est surveillée de jour comme de
nuit afin d’y débusquer voleurs, attrape-nigauds et
fraudeurs.
Une foire incontournable
Au XIX
e siècle, elle devient "la plus
importante et la plus curieuse de toutes celles qui se tiennent
dans les environs de Paris", et vit un tournant marquant de son histoire avec
l’arrivée du train à Pontoise, qui en décuple le nombre de
visiteurs et en accroît sans doute celui des exposants.
En 1858 par exemple, s’y
pressent 120 marchands de chevaux, 150 de vaches, 30 d’ânes,
1 430 de porcs, mais aussi 79 marchands de châtaignes, 45 de
harengs, 9 de vin, 24 de pain, 12 de pain d’épice, 44
bonnetiers [...]. C’est dire son envergure.
F. Mary - “La foire
Saint-Martin”, 1908,
Huile sur toile, Musée Camille
Pissarro
Les femmes s’affairent autour des marchands de porcelaine,
de rouets, des bijoutiers, du marchand d’eau de Cologne. Et
les attractions y ont pris de l’importance, avec 8
saltimbanques, 2 chanteurs, 1 marchand de chansons, 2 de livres, 10
d’almanachs et un manège de chevaux de bois.
La
foire de Notre-Dame
“La S’ptembre” fut longtemps l’une des
deux grandes foires de Pontoise avec la Foire Saint-Martin.
Elle se tenait du 8 au 15 septembre autour de l’église
Notre-Dame et célébrait le pèlerinage annuel qui commémorait le
voeu fait en 1638 par les Pontoisiens pour obtenir la fin de
l’épidémie de peste.
Un instituteur de Pontoise
peut écrire en 1899 : “
La foire
populaire la véritable foire de Pontoise, c’est celle
de la Saint- Martin, qui dure trois jours Les bestiaux de
toute sorte (vaches, porcs, chevaux...), les forains, les
charlatans, les marchands, les brocanteurs, les camelots de toute
espèce semblent s’être donné rendez-vous plus de 30
000 personnes y circulent péniblement au milieu d’un bruit
assourdissant : c’est un spectacle extraordinaire,
qu’il faut avoir vu pour s’en rendre compte
”.
Immortalisée par Camille
Pissarro
Les deux Guerres mondiales
marquent une autre étape. Si, au lendemain de la première, la vente
de cochons et de couvertures est toujours active, toute distraction
est interdite et une chape de silence pèse sur le champ de
foire.
Au lendemain de la Seconde, parallèlement à la disparition
progressive des bestiaux, la foire-exposition se développe, les
camelots et la fête foraine réapparaissent, tout comme la
dégustation du hareng et du ginglet qui accompagnait toute
transaction.
Auteur : Françoise Waro (Société
historique de Pontoise)
Enclos à
cochons en 1922 (Coll. privée)
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