Les mystères de Saint-Maclou
Son
clocher domine Pontoise et ses
environs depuis des siècles. Sa façade
occidentale dotée d’un grand portail et
d’une superbe rosace de style
gothique flamboyant ne peut qu’impressionner le
visiteur. Mais ce sont avant tout ses trésors
patrimoniaux qui la rendent unique.
Cette église devenue cathédrale en 1966, est
aujourd’hui classée ‘’Monument historique’
’ et est, cas rarissime en
France, propriété de la Ville.
Des joyaux architecturaux
Depuis sa construction au XIIème
siècle, chaque époque a laissé son
empreinte sur l’édifice. Il en
résulte un “patchwork’’ de styles,
issu d’une longue succession de travaux. De
nos jours, les aménagements du XVIème siècle ont pris
le pas sur les décors primitifs épurés, à l’exception de ceux
du transept (la partie rectangulaire située entre le chœur et
la nef ) et du chevet (la façade extérieure visible en remontant la
rue de l’Hôtel de Ville).
L’architecte Jean Delamarre avait donné à l’église
en 1547 son impression de grandeur et ses ornements italianisants
typiques de la Renaissance. Les satyres, les faunes
et les chimères apparaissent ainsi sur les chapiteaux
sculptés et la voûte de croisée porte le “F” de
François Ier et les croissants d’Henri II.
La chapelle de la Passion
Au XVIème siècle,
l’église Saint-Maclou est déjà célèbre pour son
"double-collatéral" , ses deux rangées de
colonnes du bas côté-nord et plus encore pour sa
chapelle de la Passion, à gauche de l’entrée.
Cette pièce réunit, en effet, trois chefs-d’œuvre. La
sculpture de Nicolas Leprince :
“La mise au tombeau” , se
distingue par le contraste entre la pureté des traits des
visages divins et le traitement
réaliste des autres personnages, tandis que deux
vitraux “Le portement de la croix” et “La
crucifixion” brillent par leur expressivité,
leurs couleurs vives et leurs ombrés. Quatre cents ans
avant de devenir cathédrale, l’église Saint-Maclou abrite
déjà ses principaux trésors.
Au fil des années, d’autres artistes réputés lui
confèrent une dimension artistique
supplémentaire, comme l’architecte pontoisien Pierre
Lemercier qui coiffe le clocher d’un élégant lanternon.
Dès le XVIIème siècle, l’église
réunit la plupart des œuvres
picturales des édifices religieux de Pontoise suite à la
confiscation des biens des Jésuites et à la Révolution.
Parmi elles, “La Déposition de
croix” réalisée en 1708 retient l’attention. Ce tableau
est à n’en pas douter, l’un des trésors les plus
remarquables de la cathédrale. Son
auteur n’est autre que Jean Jouvenet,
le directeur de l’Académie de peinture et
contributeur de la décoration du Trianon et des Invalides.
Autres richesses de l’édifice : deux vitraux réalisés,
l’un par Didron en 1887 : “Le vœu de
Pontoise” et l’autre par Gsell en 1885 : “Le
vœu de Saint-Louis” . La cathédrale
décline ainsi différentes pages de
l’histoire de Pontoise réunies dans un
cadre esthétique exceptionnel.
A savoir
> En 2012, la restauration de la cathédrale Saint-Maclou se
poursuit avec des travaux de mise en sécurité à l’intérieur
de l’édifice et une réhabilitation de la façade Sud
(côté rue de l’Hôtel de Ville) prévoyant une mise en
lumière de l’intérieur des vitraux.