Le Haut Moyen-Âge
La période mérovingienne est attestée à Pontoise par la présence
de sépultures de cette époque dans l’école Saint-Martin de
France, toujours aux abords de la voie romaine, et de structures
rurales (fond de cabane, trous de poteaux et silos).
La première mention d’une implantation dans un acte
manuscrit date de 864 sous le règne de Charles Le Chauve (époque
carolingienne). On y mentionne la présence d’un port sur les
bords de l’Oise et de la voie romaine ainsi que d’un
marché hebdomadaire.
Au IXe siècle il existe probablement (là encore
faiblesse des données de terrain) une installation urbaine sur le
mont Bélien car une abbaye, dédiée à Notre-Dame de Laurette, y a
été construite et sert d’église paroissiale. Dans cette
abbaye les reliques de Saint-Mellon sont transportées depuis Rouen
pour les mettre à l’abri des raids des Normands qui ravagent
la France. En 885 les Normands assiègent et prennent la ville de
Pontoise.
En 911, au traité de Saint-Clair-sur-Epte, Charles le Simple, roi
des Francs, donne à Rollon, un Normand, les terres de l’Epte
à la mer. Pontoise devient rapidement ville frontière et défend les
abords de Paris.
Le Moyen-Âge
Peu à peu la ville s’est agrandie, le passage de
l’Oise ne se fait plus par l’ancienne voie mais par un
nouveau pont construit au pied du château vers 1070.
A la fin du XIe siècle une abbaye, initialement fondée
à Pontoise rue de la Coutellerie, s’implante sur le plateau
Saint-Martin. Les moines y ont droit de foire, on y vend du vin
produit par les vignes environnantes et du hareng. C’est
l’origine de la foire actuelle de Saint-Martin. Par
tradition, on y boit encore aujourd’hui le vin des coteaux de
la région, le "ginglet" . A cette époque la ville de Pontoise fait
partie du domaine royal. Les rois y viennent fréquemment avec leur
cour et y font frapper monnaie.
En 1188 Philippe Auguste donne à la ville une charte communale. La
maintenance des remparts est à la charge des bourgeois. La charte
reconnaît l’existence du maire et de ces pairs. C’est
une date importante dans la vie de la commune. Pontoise est alors
une ville commerçante et industrielle. A cette date, ou peu de
temps auparavant, le cours de la Viosne a été aménagé. De nombreux
moulins se sont installés, moulins à blé mais aussi moulins à tan
pour le façonnage du cuir et moulins foulons pour les draps.
Au XIIe siècle, le faubourg Notre-Dame, hors les murs de
l’enceinte de la ville, est installé. Des ouvriers anglais
viennent y travailler le drap. Au XIIe siècle la ville a
pris une forme qui perdurera jusqu’au XVIIIe
siècle et qui se ressent encore aujourd’hui dans
l’aménagement de ses rues "intra-muros". On peut
d’ailleurs facilement retrouver le tracé des remparts inscrit
dans le parcellaire.
Le XIIIe siècle est celui de la prospérité. La ville
compte plusieurs paroisses et abbayes : Saint-Martin, Saint-Mellon,
Saint-Pierre, les Cordeliers (l’Hôtel de Ville actuel est
dans les murs de cet ancien couvent), pour les établissements
conventuels ; Notre-Dame, Saint-Maclou, Saint-André, Saint-Mellon,
Saint-Pierre, pour les églises paroissiales. Une Maison-Dieu, sorte
d’hôpital médiéval, se trouve sur la place du petit Martroy.
Saint-Louis fait transférer celle-ci, en 1256, sur les rives de
l’Oise à peu près à l’emplacement de la piscine.
La ville prospère, un recensement de 1332 donne 8000 à 10000
habitants (en 1906 la population était de 8492 habitants). Elle
abrite plusieurs marchés et foires, les corporations y sont
puissantes (boulangers, bouchers). La prospérité de son commerce et
de son industrie attire les bourgeois et les financiers étrangers,
Juifs, Lombards, Anglais. C’est une époque de développement
pour toute l’Europe.
En 1337, commence la guerre de Cent ans (communément divisée en
deux périodes, 1337 à 1380 et 1415 à 1453). A ces troubles
militaires viennent s’ajouter plusieurs épidémies de peste
qui seront responsables de la mort d’un habitant sur huit.
Malgré tout, les effets de ces catastrophes ne se font pas sentir
immédiatement, on construit encore l’hôpital Saint-Jacques
pour les pèlerins de Compostelle en 1368, la façade du bâtiment est
encore visible rue du grand godet.
Le XVe siècle est celui du déclin, bien que puissamment
fortifiée, la ville passe à plusieurs reprises entre les mains des
Anglais. Elle sera reconquise définitivement par le roi de France
en 1441. Tous ces combats et pillages ne se font pas sans
détériorations, l’église Notre-Dame située hors des murs est
plusieurs fois détruite.